Église Orthodoxe Neuchâteloise
Verset biblique : "Le Seigneur, c’est l’esprit. Et là où est l’esprit du Seigneur, c’est la liberté."   (2Co 3,17)
Calendrier
Jeudi 9 février 2023
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St Nicéphore d'Antioche
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St Pierre Damascène
Sts Nicéphore et Gennade du lac Vaje
Ste Apolline
Sts Emilien et Brachio de Tours

Musique ecclésiastique
Musique écclésiastique Une légende chère aux orthodoxes raconte que le prince Vladimir de Kiev envoya des émissaires à la quête de la religion que son peuple adopterait. Entendant les chants de Sainte-Sophie de Constantinople, ils déclarèrent: "Nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre. Car il n’y a pas sur terre un tel spectacle, ni une telle beauté, et nous sommes incapables de l’exprimer. Nous savons seulement que c’est là que Dieu demeure avec les hommes.” Et la Russie devint ainsi chrétienne orthodoxe… Que cette histoire soit véridique ou non, peu importe, ce qui est significatif est que l'Orient chrétien la reconnaît comme un récit fondateur de son identité, plaçant la beauté au cœur de la foi, et en particulier, dans ce récit, la beauté de la musique.
   
La voix chantée, dans l'histoire de l'humanité, est un vecteur privilégié pour exprimer et rejoindre le divin. Dans la cantillation, elle quitte le mode parlé profane pour transmettre la Parole dans toute sa sacralité. Si cette cantillation existe dans toutes les religions traditionnelles, un véritable répertoire musical sacré, qui naît de cette cantillation, s'est développé dans certaine grandes religions, dont le judaïsme. Le christianisme naissant en milieu juif a intégré naturellement les traditions liturgiques et cantorales de son frère aîné. Les communautés chrétiennes qui utilisent des langues sémitiques, comme l'Eglise syriaque et araméenne, demeurées très traditionnelles, témoignent de cette grande proximité. Le christianisme se répandant dans tout le monde connu, ces traditions sémitiques se sont inculturées dans les univers musicaux de nombreuses cultures antiques, donnant naissance progressivement à des répertoires d'Eglise très riches et différenciés, dans différentes langues non sémites: d'abord le grec, langue véhiculaire et culturelle de l'Empire romain, puis au IVe siècle, à partir de celui-ci, le latin pour l'Occident et l'égyptien ou  copte et son cousin d'Ethiopie, le ghéez, pour le patriarcat d'Alexandrie. A la même période, les saints qui évangélisent le Caucase inventent un alphabet pour traduire les Ecritures dans les langues locales, faisant de l'arménien et du géorgien des langues liturgiques. A la fin du premier millénaire, d'autres langues liturgiques font leur apparition, avec leur musique propre: le slavon pour la vaste région peuplée par les Slaves: les peuples macédonien, serbe, bulgare et ukraino-russe, sur le même principe que les langues caucasiennes, puis, peu après, l'arabe dans les régions conquises par les musulmans.

Ces répertoires différenciés sont avant tout monodiques, c'est-à-dire chantés par un chantre ou un ensemble de chanteurs à l'unisson. Ils offrent une grande subtilité dans l'ornementation, la conduite mélodique et les intervalles. Le sommet de raffinement et de profondeur dans cet art est sans doute atteint par le chant grec ou chant byzantin. Le chant de l'Eglise de Rome, que l'on appellera chant grégorien, très influencé par les Grecs, mais aussi par les Syriaques, atteindra lui aussi à une immense richesse spirituelle, musicale et liturgique. Le rayonnement de ces deux traditions est directement lié aux places de Constantinople et de Rome comme centres de l'Empire. Sous les voûtes de Hagia-Sophia, on comprend que les chantres aient développé un art du chant d'une rare grandeur. Et la résidence à Rome du pape, qui crée une “schola cantorum” (école de chantres) dès le Ve siècle, explique la grande tradition du chant romain, revisitée ensuite par l'Empire franc, qui en Occident finira par supplanter la plupart des autres traditions latines locales. L'hymnographie chrétienne, tant dans ses poèmes que dans les mélodies qui les subliment, ne peut être comprise sans l'immense influence du monachisme, état de vie par excellence lié à la “lectio divina”, la récitation chantée ou cantillée des textes scripturaires et liturgiques. A noter que dans le contexte monastique, le chant féminin prend une part aussi important que celui des hommes.

La plus grande spécificité du christianisme sur le plan musical est le développement à côté de ces répertoires monodiques d'une musique polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, qui est à l'origine des chefs-d'œuvre si connus des temps modernes dans les différentes confessions, comme une Passion de Bach, le Requiem de Mozart ou les Vigiles de Rachmaninov. La Géorgie peut se glorifier d'être la première nation à cultiver de manière systématique des polyphonies (chant géorgien) d'une grande complexité, au moins depuis le VIIIe siècle. A Rome, il est vraisemblable qu'on emploie des polyphonies rudimentaires dès Saint Grégoire le Grand (Ve siècle). Ces polyphonies vont se complexifier dès le IXe siècle (polyphonies carolingiennes) au point de devenir un art en soi, qui alterne de manière heureuse avec les pièces monodiques, mais tendra souvent à devenir le moment musical le plus attendu des célébrations, au détriment de celles-ci. A la Renaissance, cet art polyphonique atteindra un sommet de classicisme, où mystique et art savant se marient avec bonheur. La Russie du Moyen Age devient peu de temps après sa christianisation une des plus grandes cultures européennes. De prestigieuses écoles de chant sont créées à Kiev, puis dans l'Anneau d'Or et à Moscou. L'influence du byzantin est prépondérante, donnant naissance à des traditions de chant monodique originales, que l'on résume sous le nom de znamenny. A côté de ce répertoire se développe un chant polyphonique russe ancien tout à fait original, qui n'est pas sans rappeler la Géorgie. Il demeure néanmoins marginal. Au XVIIe siècle, pour lutter contre l'influence des catholiques qui convertissaient les Russes à coup de splendides orgues dans leurs lieux de culte, l'Eglise russe décide d'introduire la polyphonie de type occidental dans sa liturgie. Le destin et l'évolution du chant occidental et du chant russe iront désormais de pair. Néanmoins, ces chants polyphoniques russes conserveront un caractère national que l'on identifie immédiatement, même quand ils sont chantés dans d'autres langues. Ces  chants russes, pour beaucoup, représentent la quintessence de l'orthodoxie. Cette brève introduction montre que cela est quelque peu simplificateur. La tradition russe a en tous les cas l'immense mérite de posséder un répertoire vaste, unifié, aisé à chanter et à comprendre et qui plus est s'adaptant aisément à beaucoup de langues, dans une polyphonie profondément liturgique et que l'on peut chanter dans les tons ecclésiastiques selon les mêmes formules d'un bout à l'autre de la chrétienté. Cela représente un cas unique dans l'histoire de la polyphonie. Le chant monodique n'a jamais été oublié en Russie et il est toujours plus chanté dans les Eglises aujourd'hui, de même que dans les autres nations slaves (notamment chez les Serbes).

Ajoutons qu'à côté de ces polyphonies savantes écrites a toujours existé, tant en Orient qu'en Occident, des polyphonies sacrées de tradition orale, qui sont des joyaux et traduisent l'âme des peuples.

La Roumanie, de par sa situation géographique et ses origines, subit les influences des mondes grec, latin et slave. On trouvera d'un lieu à l'autre du pur chant byzantin traduit en langue roumaine dès le XVIIème siècle ou des polyphonies à trois voix très influencées par l'Empire austro-hongrois ou des colinde (chants de Noël) originaux. Le passage à l'autocéphalie de très nombreuses régions depuis le XIXe siècle et la diffusion d'une diaspora orthodoxe en Occident a suscité l'apparition d'un grand nombre de nouvelles langues liturgiques, ce qui suscite un nouveau mouvement de créativité musicale entre fidélité aux traditions d'origine et inculturation (comme en témoigne cet exemple du canon de Pâques  francophone). Notre début de XXIeme siècle, particulièrement chez nous en Occident, est encore en plein cœur de ce mouvement.
 
Alexandre Traube, chœur In illo tempore.



Dernières nouvelles

Fête paroissiale - St Nectaire 06/11/2022

 
Chers frères et soeurs en Christ 

Cette année pour la fête de St Nectaire, le protecteur de notre paroisse, nous recevrons dans notre communauté notre évêque Marc qui viendra mercredi le 9 Novembre ( 9h00 Matines . 10h00 La Divine Liturgie)
Nous célébrerons de nouveau pour tous Dimanche le 13 Novembre.

Nous vous attendons nombreux pour prier ensemble 

P Marius

 

inscription participation jeudi et vendredi saint 23/04/2021

Chères sœurs et chers frères, en Christ,

Nous voilà à la fin du carême et bientôt au début de la Grande et Sainte Semaine de la Passion.
Bien que les directives concernant la Covid s’assouplissent quelque peu, nous sommes encore tenus de respecter le nombre maximum de 50 personnes dans l’église.

C’est pourquoi, si vous désirez participer aux offices du Grand Jeudi 18h00 ( 12 Évangiles) et du Grand Vendredi Saint 18h00 ( La mise au tombeau) nous vous proposons de vous inscrire par SMS/ WhatsApp au numéro 076 603 21 29, précisant l’office (jeudi et/ou vendredi), le nom, prénom et nombre de personnes participantes.

Ensuite vous allez recevoir une confirmation.



En ce qui concerne les offices pour  la Fête Pascale ( Liturgie de St Basile -Samedi matin ; Liturgie de la Résurrection- Samedi 22h00 et Vêpres Pascale - Dimanche 16h00) d’autres informations vous seront communiquées ultérieurement.

Bonne et Sainte Grande Semaine à toutes et tous, dans la joie d’être ensemble.

 

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